Thursday, May 11, 2017

Toute bonne chose a une fin

All good things must come to an end. This is also true of bad things. According to critics and observers of military justice, it appears that the appointment of the current Judge-Advocate General of the Canadian Armed Forces was the appointment of the wrong person, at the wrong position, at the wrong time. Due to leave his position in this coming June, it is hoped that the new incumbent will be open to the important changes that have been made in recent years with success and without prejudice to the need for good order and discipline in the military.

Selon l’adage, toute bonne chose a une fin. Il faut en convenir: cela est aussi vrai pour toute mauvaise chose. Selon les critiques et les observateurs de la justice militaire, la nomination de l’actuel titulaire au poste de Juge-Avocat Général (JAG) des Forces armées canadiennes s’est avérée le choix de la mauvaise personne, au mauvais poste, au mauvais moment, bref une mauvaise chose. Son départ annoncé y mettra fin.

Ce choix du titulaire actuel eût-il été fait à une époque antérieure où le conservatisme et l’immobilisme étaient la norme et de bonne guerre que sa gestion  de la justice militaire n’eût pas ou que très peu prêté flanc à la critique. Malheureusement pour lui et fort heureusement pour la justice pénale militaire et les personnes qui y sont sujettes, un vent de réforme, un véritable zéphir, a soufflé à l’échelle internationale sur la justice pénale militaire pour la rendre plus juste, plus équitable, plus respectueuse des droits de la personne, en somme plus égalitaire et plus crédible.

Il est hautement regrettable que ce souffle du zéphir n’ait pu traverser la forteresse érigée par le JAG. Sous sa férule d’une durée de sept ans, il faudra retenir de son passage dans cette fonction une opposition farouche à l’indépendance des juges militaires, du Service de la poursuite et du Service de la défense ainsi qu’à tout changement pourtant acccepté par de nombreux pays qui sont nos alliés (Voir par exemple le Royaume-Uni, l’Australie, les pays européeens tels la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, pour n’en nommer que quelques-uns).

Cette opposition s’est logée à l’enseigne de longues contestations judiciaires qui se sont avérées à la fois futiles et coûteuses tant au plan monétaire qu’à celui du respect des droits constitutionnels conférés à tout citoyen canadien par la Charte des droits et libertés de la personne.

On ne peut qu’espérer que la personne qui le remplacera sera éprise d’une plus grande justice et fera preuve d’ouverture aux importants changements survenus, lesquels n’ont en aucune façon porté atteinte aux objectifs du bon ordre et de la discipline militaire.

5 comments:

  1. Justice Letourneau's comments are more personal in tone than I would have preferred. As editor, as well as someone who has followed CF military justice as closely as an observer can from a distance, I would like to offer a different perspective. There have been major developments in Canadian military law over the last several years, and it is undeniable that the Canadian Forces' position has been sustained in several major cases in the Supreme Court of Canada. To the extent that some or all of those cases should have come out differently, Parliament could enact corrective legislation (I can think of at least one example where it ought to do so). Reference should also be made to the laudable efforts at outreach under Gen. Cathcart's leadership with respect to potential areas of reform. (There is always more that can be done, or done at a faster pace, but Canadian military justice remains light years ahead of the editor's own country when it comes to such core matters as vesting the charging power in lawyers outside the chain of command and providing military judges the essential protection of tenure.) Additionally, Gen. Cathcart has not only assembled and led a talented team with esprit de corps but continues to demonstrate a sustained personal commitment to the dissemination of International Humanitarian Law on a global level. Canada is a major force in the field of military law. That doesn't just happen. I'll continue to watch and cheer on Canadian military law from south of the border.

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  2. Bonjour M. Létourneau,

    Je salut l'homme de loi dont la loyauté est aux principes fondamentaux de séparation des pouvoirs que sont la primauté du droit et le constitutionnalisme et non à l'organisation DND.

    Je m'efforce de faire mon devoir également côté police militaire, il est temps que la justice militaire sorte de la noirceur. Pour votre appréciation: https://www.linkedin.com/pulse/r%C3%A9affectez-et-destituez-la-police-cest-un-ordre-touchette-mba


    Daniel J. Touchette, MBA
    Commandant de Police Internationale, NORAD/FIAS/OTAN (Retraité)

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  3. Dans la foulée de votre commentaire M. Touchette, laissez-moi ajouter ceci. Les policiers militaires, à l'instar des policiers civils, sont des citoyens canadiens. Ils ont également ceci en commun: ce sont des citoyens en uniforme. Or le policier civil poursuivi devant les tribunaux civils pour une infraction au Code criminel a droit à un procès par jury alors que le policier militaire poursuivi pour la même infraction devant les tribunaux militaires n'y a pas droit. Il doit plutôt se contenter d'une Cour martiale générale composée d'un panel de 5 membres et présidée par un juge militaire.

    Voici à cet égard ce que la Cour d'appel de la cour martiale du Canada écrivait dans l'arrêt Leblanc v. R., 2011 CMAC 2, aux paragraphes 48 à 51:


    [48] Military judges also preside at General Courts Martial. These function, with some minor differences, like civil trials by jury. The five members of the panel determine the guilt or innocence of an accused for the most serious offences in criminal law and for those offences for which the accused chooses to be tried by the panel.

    [49] But there is an important difference in terms of the composition of the jury in a civil trial and that of the members of a panel of a General Court Martial. This difference, in my view, has an impact on the question of the independence of military judges presiding at General Courts Martial in that it highlights the need for better guarantees of independence.

    [50] In a civil trial, the jury is made up of 12 people who generally do not know each other and are chosen by the prosecution and the defence from a list of individuals who qualify for jury duty.

    [51] There are only five members of a panel of a General Court Martial but they are all part of the chain of command. They are not chosen by the prosecution or by the accused. They are appointed by the Court Martial Administrator using a random methodology: see section 165.19 of the Act and subsection 111.03(1) of the QR&O. The composition of the panel varies according to the rank of the accused: see section 167 of the Act. However, except for a few rare exceptions, the panel members know each other, especially at the officer level, as they have been in contact with each other or have either been under the command of or in command of a fellow panel member. The military judge presiding at these General Courts Martial is often of lower rank than the members of the panel.

    Dans le volume Initiation à la justice militaire édité par Wilson et Lafleur Ltée et publié à Montréal en 2012, j'écrivais ceci à la page 6:

    Bien qu'il n'existe pas de recherches empiriques pour le démontrer, il n'est pas déraisonnable de penser, d'une part, qu'il est plus facile d'obtenir un verdict unanime de seulement cinq plutôt que de douze personnes et, d'autre part, que cette unanimité devrait s'obtenir plus facilement de ces cinq personnes formées à la même école de pensée et possédant le même bagage institutionnel que de douze personnes issues de milieux sociaux différents, d'écoles de pensée différentes et sans bagage institutionnel commun. À ces données s'ajoutent, et la pression institutionnelle, et celle de la chaîne de commandement dont les membres du panel font partie et dépendent pour leur avancement de carrière.

    Les militaires poursuivis devant les tribunaux militaires pour des infractions criminelles donnant droit à un procès par jury devraient au minimum avoir l'option d'opter pour un tel procès.

    À quand une justice pénale saine et équitable pour les militaires canadiens?

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    1. As will be noted in a separate blog, last week the Parliamentary precinct newspaper, "Hill Times", published a response to Major General Blaise Cathcart's end of tour of duty interview published a fortnight ago in the Lawyers' Daily. The article written by Joshua Juneau, one of my associates, is a tad uncomplimentary of the Judge Advocate General's performance and his legacy after serving seven years in that position. The article focuses specifically on an issue of significance importance to the modernization of the Canadian military justice system and respect for the legislative system. The article focuses on the fact that Bill C-15 - Strengthening Military Justice in the Defence of Canada [Statutes of Canada, 2013, c. 24) which was drafted by the Office of the JAG was given Royal Assent on June 19, 2013 and enacted into law after two long years of parliamentary debates. The enactment introduced a number of significant amendments to modernize the military justice system, including the composition of the court martial panel, victims impact statements, the introduction of additional sentencing options, the modification of the limitation period applicable to summary trials etc. Yet, four years later, only 60 of the 134 amendments to the National Defence Act have come into force. This gives new meaning to the French expression: "Avancez en arrière".

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    2. Bonjour M. Létourneau,

      oui, effectivement la partialité de la justice militaire est évidente. Merci de partager votre expertise combien précieuse … Les procès en cour martiale ne constituent que 5% des causes entendus. La justice militaire s’actualise dans les procès sommaires, qui m'apparaissent immensément plus déficients sous divers aspects, voici ce que j'ai bonifié, entre autres, récemment à mon texte en lien hypertexte:

      « Le citoyen ignore que l’on ordonne à la police militaire de retourner les dossiers des enquêtes policières aux commandants des criminels militaires. Par surcroit, ces commandants disposent de ces dossiers d’enquêtes selon leurs appréciations, ferment les dossiers ou président les procès eux-mêmes tel un vrai juge. Ayant un pouvoir de condamnation allant de la simple réprimande à une peine de prison. Ce sont ces mêmes commandants qui ont dirigés ces criminels militaires « leurs employés » en opérations militaires. Une quantité négligeable et contrôlée des crimes commis, peut être renvoyée en cour martiale ou civile par l’intermédiaire de ces mêmes commandants. Le Canada et les États-Unis sont parmi les plus sous évolués, ils s’accrochent viscéralement à un système judiciaire militaire opposé aux principes fondamentaux de séparation des pouvoirs qui garantissent une indépendance/impartialité.

      Ce système de justice militaire expliqué, impose implicitement l’illusion, la fausseté que les officiers militaires supérieurs (les commandants), ne font pas les mêmes crimes, en quantités et/ou en gravités, que leurs subordonnés. Puisque la chaine de commandement qui dirige toutes les opérations militaires est littéralement au sens propre, la justice !! Ne pourraient-ils pas eux aussi à parts égales, être à l’origine des crimes commis en opérations militaires !? »
      Ces commandants, n’ont aucune formation légale sérieuse, leurs condamnations/jugements peuvent mener à des casiers judiciaires sans droit à l’avocat pour les condamnés. C’est impensable !

      Au plaisir.

      Daniel Touchette
      Ref : https://www.linkedin.com/pulse/r%C3%A9affectez-et-destituez-la-police-cest-un-ordre-touchette-mba

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